Immobilier

Plus-value immobilière : ce qui est imposé

Ventes taxées, calcul des deux prix, abattements de détention, exonérations et rôle du notaire : la plus-value immobilière expliquée poste par poste.

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Plus-value immobilière : ce qui est imposé

La plus-value immobilière est l’écart entre le prix de vente d’un bien et son prix d’acquisition corrigé. Elle supporte 19 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, selon service-public.gouv.fr, 2026. La vente de la résidence principale en est exonérée, et une détention longue efface la note par paliers.

Quelles ventes entrent dans le champ de l’impôt

Le régime d’imposition des plus-values immobilières vise les cessions à titre onéreux réalisées par des particuliers. Service-public.gouv.fr, 2026, y range les appartements, les maisons, les terrains, les bois et les terres agricoles, mais aussi les droits portant sur un immeuble : usufruit, nue-propriété, servitude.

La vente de parts de société civile immobilière ou de parts de fonds de placement immobilier suit la même mécanique. Les textes de référence vivent aux articles 150 A bis à 150 VH du code général des impôts.

Des opérations qui ne ressemblent pas à une vente classique

  • Un échange de biens, chaque partie cédant le sien.
  • Un partage qui fait sortir un immeuble d’une indivision.
  • Un apport d’immeuble au capital d’une société.

Ces trois situations figurent au même champ d’application, selon service-public.gouv.fr, 2026. Un vendeur qui achète pour revendre à titre habituel, lui, quitte ce régime des particuliers : son résultat relève des bénéfices professionnels.

Même frontière pour une société civile ayant opté pour l’impôt sur les sociétés, dont la cession suit la logique des plus-values professionnelles. Le choix du véhicule, détaillé dans notre comparaison entre LMNP et SCI pour un investissement locatif, se joue donc des années avant la revente.

Le calcul porte sur deux prix, corrigés chacun de son côté

Le calcul d’une plus-value immobilière se lit comme une soustraction : prix de cession retenu moins prix d’acquisition retenu. Les deux termes s’écartent vite des montants inscrits en tête des actes.

Le prix de cession, point de départ

Le prix stipulé dans l’acte de vente ouvre le calcul. Service-public.gouv.fr, 2026, autorise à retrancher du prix de cession les frais payés lors de la vente, les diagnostics obligatoires par exemple, sur justificatifs. À l’inverse, une somme encaissée pour votre compte le majore, comme une indemnité d’éviction réglée par l’acquéreur.

Le prix d’acquisition, majoré avant comparaison

Le prix payé à l’achat se majore des frais d’acquisition, pour leur montant réel justifié ou pour un forfait de 7,5 % de ce prix. Les dépenses de voirie, réseaux et branchements s’y ajoutent. Pour un bien reçu par donation ou par succession, la valeur retenue est celle qui a servi de base aux droits de mutation.

Les travaux, le poste le plus discuté

Les travaux de construction, de reconstruction, d’agrandissement et d’amélioration entrent dans le prix d’acquisition retenu, pour leur montant réel justifié ou pour un forfait de 15 % du prix d’achat quand le bien est détenu depuis plus de cinq ans. Trois dépenses restent dehors, toujours d’après service-public.gouv.fr, 2026 : l’entretien courant, les travaux déjà déduits des revenus fonciers, et la main-d’œuvre du propriétaire lui-même.

Un bailleur qui a imputé ses factures sur ses loyers au régime réel, dans sa déclaration de revenus fonciers, ne les compte donc pas une seconde fois à la revente. Le classement des factures pèse ici plus lourd qu’une négociation de prix.

Élément du calculTraitement retenu
Frais d’acquisitionréels justifiés, ou forfait de 7,5 % du prix d’achat
Travaux d’améliorationréels justifiés, ou forfait de 15 % après cinq ans de détention
Frais payés pour la ventedéduits du prix de cession sur justificatifs
Entretien courantjamais retenu
Travaux déjà déduits des revenus fonciersjamais retenus une seconde fois
Main-d’œuvre du propriétairejamais retenue

Mains posant un trousseau de clés sur le plan de travail d’un appartement vide

Deux compteurs d’abattement, jamais au même rythme

L’abattement pour durée de détention s’applique sur la plus-value brute, séparément pour l’impôt sur le revenu et pour les prélèvements sociaux. Les cinq premières années n’ouvrent aucun droit.

Durée de détentionAbattement impôt sur le revenuAbattement prélèvements sociaux
Jusqu’à la 5e annéeaucunaucun
De la 6e à la 21e année6 % par an1,65 % par an
22e année4 %1,60 %
Au-delà de 22 ansexonération9 % par an jusqu’à la 30e année
Au-delà de 30 ansexonérationexonération

Ce barème est celui publié par service-public.gouv.fr, 2026. Le décalage entre les deux colonnes explique bien des surprises.

À vingt-trois ans de détention, l’impôt sur le revenu a disparu, les prélèvements sociaux courent encore sept ans. Le compteur avance par années pleines de détention : signer quelques semaines trop tôt coûte parfois une tranche entière d’abattement.

Taux, prélèvements sociaux et surtaxe des plus-values élevées

Le calcul final porte sur la plus-value nette d’abattements. Elle supporte 19 % au titre de l’impôt sur le revenu, taux fixé par l’article 200 B du code général des impôts, et 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 36,2 % de la part taxable d’après service-public.gouv.fr, 2026.

Une taxe supplémentaire frappe les plus-values immobilières élevées. Son taux varie de 2 % à 6 % lorsque la plus-value imposable dépasse 50 000 €, sur le fondement de l’article 1609 nonies G du même code. Le notaire la liquide dans le formulaire 2048-IMM-SD, par tranches.

Ce couloir fiscal n’a rien à voir avec celui des revenus financiers. Dividendes, intérêts et plus-values de valeurs mobilières relèvent du prélèvement forfaitaire unique, un dispositif distinct, avec ses propres taux et son option pour le barème progressif. Une cession immobilière garde sa règle : taux proportionnel, abattements de détention, surtaxe au-delà du seuil.

La pierre-papier reste dans ce même couloir. La cession de parts de SCPI suit le régime des plus-values immobilières des particuliers, abattements compris, quand les revenus distribués par la société, eux, se déclarent comme des revenus fonciers.

Façade d’immeuble haussmannien en pierre claire photographiée en fin d’après-midi

La résidence principale, l’exonération la plus large

L’exonération de la résidence principale est totale, sans condition de durée de détention ni de montant. Deux conditions pèsent lourd : le logement doit avoir été votre habitation habituelle et effective, celle occupée la majeure partie de l’année, et il doit être votre résidence principale au moment de la vente.

Les dépendances immédiates et nécessaires suivent le sort du logement. Une cave, un garage ou une place de stationnement vendus avec lui restent exonérés, précise service-public.gouv.fr, 2026.

La séparation ouvre une tolérance. En cas de divorce ou de rupture, l’exonération joue dès lors que l’un des ex-conjoints a occupé le logement jusqu’à la vente.

Le départ à l’étranger a son propre régime. Un non-résident installé dans l’Union européenne ou dans l’Espace économique européen fait exonérer son ancienne résidence principale française si la vente intervient avant le 31 décembre de l’année suivant le transfert du domicile fiscal. L’avantage vaut une seule fois, pour un seul logement, dans la limite de 150 000 € de plus-value nette imposable.

Les autres exonérations qui existent vraiment

Le barème n’est pas le seul levier. Plusieurs situations sortent la cession du champ de l’impôt, chacune contre justificatifs remis au notaire.

  • Un prix de cession qui ne dépasse pas 15 000 €.
  • Un bien détenu depuis plus de 22 ans pour l’impôt sur le revenu, plus de 30 ans pour les prélèvements sociaux.
  • La première vente d’un logement autre que la résidence principale, à deux conditions cumulatives : le prix sert à acquérir ou construire votre résidence principale dans les deux ans, et vous n’avez pas été propriétaire de celle-ci au cours des quatre années précédentes.
  • La vente par un retraité ou une personne invalide dont le revenu fiscal de référence de 2024 reste sous 12 793 € pour la première part de quotient familial, majoré de 3 428 € par demi-part supplémentaire, à condition de ne pas être assujetti à l’impôt sur la fortune immobilière.
  • La vente du logement quitté pour un établissement d’accueil, dans les deux ans suivant l’entrée, sous un plafond de revenu fiscal de référence de 30 024 € pour 2024 au titre de la première part.

Trois autres cas tiennent à la nature de l’opération. Une expropriation est exonérée quand l’indemnité est intégralement remployée dans un achat ou une construction sous douze mois. Une cession à un organisme de logement social bénéficie du même sort jusqu’au 31 décembre 2027, et la cession d’un droit de surélévation jusqu’au 31 décembre 2026. Ces dates figurent sur service-public.gouv.fr, 2026.

Le notaire liquide l’impôt le jour de la signature

Le vendeur particulier ne remplit aucun formulaire de plus-value. Le notaire chargé de la vente effectue les démarches auprès de l’administration fiscale, calcule la plus-value imposable et le montant dû, établit la déclaration, puis paie auprès des services de la publicité foncière. Le prix vous parvient net de cet impôt.

La déclaration spécifique porte le numéro 2048-IMM-SD. Son montant se reporte ensuite sur votre déclaration de revenus, en case 3VZ, même si l’impôt a déjà été réglé chez le notaire. L’imposition est établie en totalité pour l’année au cours de laquelle la vente est intervenue, y compris lorsque le prix se règle en plusieurs échéances.

Saisir le notaire tôt change la donne. Interrogé avant le compromis, il chiffre deux hypothèses, forfait de 15 % contre travaux réels justifiés, et dit laquelle sert vos intérêts. Cette comparaison se perd dès que les factures ont disparu.

Bureau de notaire vu de côté, dossiers empilés et stylo posé près d’une fenêtre

Cinq erreurs qui alourdissent la note

  • Jeter les factures d’entreprise après un chantier lourd, puis découvrir que le forfait de 15 % couvre mal la dépense réelle.
  • Oublier les frais payés pour la vente, diagnostics compris, faute de justificatifs rangés au bon endroit.
  • Croire qu’un logement quitté depuis des années reste exonéré alors qu’il n’est plus la résidence principale au jour de la cession.
  • Confondre les deux abattements de détention et annoncer une exonération totale dès la vingt-deuxième année.
  • Réaliser les travaux soi-même en comptant ajouter cette main-d’œuvre au prix d’acquisition, ce que la règle écarte.

Chaque ligne de cette liste se corrige avant le compromis, jamais après la signature.

Avant de signer, la liste à préparer

Un dossier complet vaut mieux qu’une discussion après la vente, car le notaire calcule avec les pièces qu’il a sous les yeux. Quatre documents forment la base.

  • L’acte d’acquisition du bien, avec le détail des frais payés à l’époque.
  • Les factures d’entreprise des travaux, classées chantier par chantier.
  • Les diagnostics et frais réglés pour la vente en cours.
  • Les justificatifs de l’exonération visée, avis d’imposition compris quand elle dépend d’un plafond de revenu.

Prochaine étape : réunir ces pièces avant le rendez-vous de compromis, puis demander une simulation chiffrée des deux méthodes de travaux. Sur un bien détenu de longue date, la date de signature mérite le même soin : une année pleine de détention vaut une tranche d’abattement.